LE PARANORMAL EXISTE-T-IL ?

LE PARANORMAL EXISTE-T-IL ?

August 16, 2019 100 By William Hollis


Ludovic: Le paranormal existe-t-il ? C’est une question qu’on se pose tous et on aimerait savoir, être fixés sur le sujet. Évidemment il y a ceux qui sont persuadés de son existence et ceux qui n’y croient pas du tout. Hugo: Dans notre société, la seule chose qui ferait foi et qui arriverait à convaincre tout le monde, que ce soit dans un sens ou dans l’autre, serait une découverte avec des preuves scientifiques. Mais le paranormal est-il étudié par les scientifiques? Et bien oui, et on les a rencontré. Franck: D’abord, il faudrait savoir ce qu’on entend par paranormal. Le sujet est hyper vaste, c’est tous les phénomènes qui ne sont pas expliqués ou explicables. Là dedans, il y a plein de trucs : les fantômes, la voyance, la télékinésie, la prémonition, la magnétisation, le spiritisme, la sorcellerie, et la liste est encore très longue. Jonathan: Bref, ça englobe énormément de choses et chacun des pratiquants dans son domaine assure évidemment que le paranormal existe. On a pu demander à Erick Fearson, tarologue, mentaliste et chasseur de fantômes, ainsi qu’au voyant Stanislas Delorme pourquoi ils étaient sûrs de l’existence du paranormal et s’ils avaient des preuves. Ludovic: Le paranormal existe-t-il ? E. Fearson (téléphone): Si vous me posez la question, à moi, personnellement, oui, je vous dirais qu’il existe à l’heure actuelle de nos connaissances. S. Delorme: Pour moi, le paranormal existe, et, pour moi, c’est quelque chose qui fait partie du normal, de percevoir, de ressentir… Ludovic: Est-ce que, vous, vous êtes en capacité de prouver, par exemple, que le paranormal, tel qu’on le conçoit, existe? E. Fearson (téléphone): Alors, à ce jour, il n’y a aucune explication scientifique, je dis bien scientifique, qui démontrerait l’existence du paranormal. S. Delorme: Et pas forcément encore beaucoup de sens d’explication, voilà, pour le moment. On a des faits, on peut avoir des hypothèses, mais on n’a pas forcément le pourquoi des choses. E. Fearson (téléphone): Mais, ce que je peux dire aujourd’hui, c’est qu’il y a des preuves empiriques. C’est à dire qu’on ne peut pas nier les témoignages qui existent depuis la nuit des temps. Si on prend par exemple le thème des fantômes, comment se fait-il que depuis des siècles et des siècles, quel que soit le pays, des milliers de personnes vivent ou sont témoins de ces phénomènes? S. Delorme: Pourquoi il y a une maison qui ne se vend pas pendant des années, alors qu’elle est bien située, dans un bon quartier, à bon prix? Il y a aussi une explication paranormale. Pourquoi, d’un seul coup, on a un thermomètre ultra-précis et qui a une baisse de température subite? Voilà, donc il y a des choses pour l’instant qui ne s’expliquent pas. De toutes de façons, il y a toujours des personnes qui s’intéressent d’une manière scientifique à comprendre, un petit peu, le fonctionnement des choses. Hugo: Et, justement, aujourd’hui, dans notre société, on se réfère tous à la science pour définir ce qui existe ou pas. Et il se trouve qu’il y a des scientifiques qui étudient le sujet partout dans le monde, dans des centres de recherche spécialisés, dont l’un des plus célèbres se trouve en France: c’est l’Institut Métapsychique International. Ça fait près de 100 ans que cet institut, reconnu d’utilité publique, étudie le paranormal, et nous, on est allé les voir. Jonathan: Alors, Mario, ici, à l’Institut Métapsychique, qu’est-ce que tu étudies? M. Varvoglis: Nous, ce qui nous intéresse, ce sont les interactions avec le monde qui semblent aller au-delà des 5 sens et au-delà des interactions mécaniques avec le monde. Ce qui est connu dans le public comme paranormal. Franck: Alors, dans cet institut, ils ne chassent pas les fantômes et ne font pas de séances de Ouija. Non, eux, ils se concentrent sur 4 domaines bien précis du paranormal. Jonathan: La télépathie, c’est échanger des informations avec autrui en étant loin de la personne, et sans téléphone évidemment; la clairvoyance, c’est lorsqu’on est capable de sentir des informations sur un lieu sur lequel on n’est jamais allé, ou encore de savoir où se cache tel objet face à une multitude de choix et de cachettes possibles; la précognition, c’est le fait de réussir à percevoir des informations futures; et la psychokinèse, la faculté d’avoir une influence sur la matière. Ludovic: Les scientifiques de l’Institut se concentrent donc sur les expériences exceptionnelles liées aux vivants. Ils étudient les facultés hors du commun qu’auraient certaines personnes. Jonathan: Comment vous savez si une personne a des facultés un peu paranormales? M. Varvoglis: On les fait passer par différents tests. Peut-être que, sur un des ces tests, ils vont avoir plus de réussite que sur d’autres et peut-être, s’ils sont intéressés et si, nous aussi, nous sommes convaincus que ça montre un certain intérêt, on va continuer, par la suite, avec ces personnes. Jonathan: Et, ces tests, on a voulu, aussi, les essayer. Qui sait? Peut-être que, nous aussi, on a un don sans même le savoir. Alors, Mario, qu’est ce que je vais faire comme test, là? M. Varvoglis: Alors, ça, c’est un test, dit, de précognition. Donc, l’idée, c’est de voir si l’individu, les participants, peuvent anticiper des événements futurs que, normalement, l’individu n’a aucune manière de prévoir. Parce que c’est basé sur un événement purement aléatoire. Franck (voix off): Jonathan va être face à un écran où des bulles vont apparaître, et il va devoir deviner si elles sont vides ou s’il y a un visage aléatoire caché dedans. En gros, c’est comme lancer une pièce à pile ou face et deviner le résultat avant qu’elle ne touche le sol. Jonathan: Je le sens. Non. Alors, Mario, qu’est-ce qu’on va tester ici? M. Varvoglis: Alors, là, ça, c’est une expérience, plutôt, de psychokinèse ou télékinesie. Franck (voix off): Le petit robot se déplace aléatoirement sur la table et il faut arriver à l’attirer vers soi uniquement à l’aide de sa force mentale. Jonathan: Bon, je vais pas vous le cacher, je n’ai pas réussi les tests, je n’ai donc, a priori, pas de pouvoir de jedi. Mais, de toutes façons, ça ne pouvait pas être concluant puisqu’il faut répéter ces tests plusieurs fois. Hugo: Et si les personnes présentent des facultés psychiques lors de ces tests, les scientifiques travaillent alors avec eux pour définir l’existence de ces capacités. Du coup, on leur a demandé où ils en étaient dans leurs recherches. Jonathan: En 100 ans d’institut ici, avec vos méthodes, est-ce qu’il y a eu des avancées? M. Varvoglis: Il faut se rappeler, aussi, que, généralement, dans la science, on ne se focalise pas sur un seul institut pour dire “Est-ce que vous, vous avez des résultats?”. La question, c’est: “Est-ce que le domaine de recherche a avancé?” Et, là dessus, je peux dire oui, il y a des avancées. Depuis un siècle ou, même, depuis 30 ans, il y a des avancées. Des récentes, par exemple, la précognition, qui, avant, était considéré comme le phénomène le plus difficile à accepter, à étudier, à résoudre, etc. Aujourd’hui, c’est presque, si j’utilise un mot américain, “mainstream”, c’est à dire que c’est accepté dans notre domaine de recherche. C’est parmi ceux qui sont les mieux établis, expérimentalement. Franck: Ça voudrait dire que, pour la science, le paranormal existe mais ce n’est pas si simple. Jonathan: Est-ce que le paranormal existe? M. Varvoglis: Soit, on se positionne comme une sorte de consommateur de paranormal, soit, comme un investigateur de paranormal. Donc si c’est un consommateur, c’est à dire, simplement: “On veut être convaincu, montre-nous quelque chose.”, dans ce cas là, on est dans le domaine, plus, de démonstration, où on tente de dire: “Mais regardez ça!” Et vous montre ça. Et le “ça” doit être presque visible. Vous devez voir quelque chose monter dans l’air. Voilà, mais ça, c’est plus difficile à obtenir, ça ne peut pas marcher comme ça, avec une démonstration qui clôt le dossier une fois pour toutes. Jonathan: Ça va être dur, c’est dur, pour nous aussi, de comprendre, même les gens qui vont regarder la vidéo de dire que oui, c’est possible, ça peut exister M. Varvoglis: Déjà, je pense que le plus important, c’est simplement de garder ce qu’on appelle l’esprit ouvert et de dire “c’est possible”, parce que ça, c’est déjà quelque chose qu’une grande partie des personnes qui se prononcent et qui disent: “C’est impossible, c’est hors de question, si ça existait on se..”. Ce sont des arguments un peu vides qui disent: “Mais ce sont des O.V.N.I. ces phénomènes, ils peuvent pas exister, ils viennent de nulle part”. Donc il y a une sorte d’opposition qui est compréhensible, qui dit: “La probabilité que ce phénomène existe nous semble être de 0, que quelqu’un peut, par exemple, influencer à distance un objet et le faire bouger. Donc, en commençant avec cet à priori, ils vont dire: “Si on voit une démonstration, forcément, il y a un pépin quelque part. P. Bancel: C’est un défi, en fait, de mettre des évidences convainquantes pour les phénomènes psy, mais une autre chose, qui est aussi un challenge, c’est que nous n’avons pas vraiment une théorie adéquate. Or en science, pour que quelque chose soit vraiment accepté par la communauté, scientifique d’abord, il faut ces deux choses en fait. Il faut des preuves qu’un phénomène existe mais aussi une explication, “comment ça peut se faire?”, donc la théorie. Les données et la théorie qui vont avec. Et nous n’avons pas en fait une théorie, il y a des pistes. Il y a de bonnes pistes, mais rien de vraiment très profond parce qu’on ne sait pas quoi faire. Franck: Pour les scientifiques de l’institut, certains domaines du paranormal existent donc bel et bien, mais, par manque de preuves très visuelles, le reste de la communauté scientifique, n’étudiant pas le sujet, n’est pas du même avis. Ludovic: Pour les autres scientifiques, seules les règles physiques et quantiques régissent le monde. Et c’est justement ce que cherche aussi à savoir l’Institut Métapsychique. Le paranormal est-il régi par ce que nous savons aujourd’hui ou va-t-il plus loin que les règles physiques établies? P. Bancel: Est-ce qu’on peut faire quelque chose pour pour décider, trancher, déterminer, si le psy doit s’accorder avec la physique existante, ou est-ce que ça va au-delà de la physique? Donc c’est une question très simple et si on peut trouver.. Jonathan: “Très simple”, plus ou moins. P. Bancel: Est-ce qu’on sera obligés, en fait, d’inventer des théories physiques complètement nouvelles ou est-ce qu’on va juste utiliser la physique? Hugo: Alors, avec tous les éléments développés dans cette vidéo, peut-on affirmer que le paranormal existe? Non, mais on ne peut pas dire non plus qu’il n’existe pas. Déjà, il y a tellement de domaines différents dans le paranormal que ce qui est valable pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. Jonathan: Aucune preuve scientifique irréfutable n’a été découverte à ce jour, permettant de dire que le paranormal existe. Mais des scientifiques du monde entier continuent à l’étudier quotidiennement pour essayer d’apporter quelques réponses ou de nouvelles questions. Ludovic: Et qui sait? Peut-être qu’un jour le paranormal ne nous semblera plus si paranormal.