Meet the Vodou Priestess Summoning Healing Spirits in Post-Earthquake Haiti

Meet the Vodou Priestess Summoning Healing Spirits in Post-Earthquake Haiti

September 8, 2019 100 By William Hollis


On ne fait pas de magie noire. On utilise la magie blanche. C’est plus propre et plus saint. Ça fait exactement 4 ans que j’ai pas dansé dans mon pays, Haïti, parce que j’ai été déplacée. [LA PRÊTRESSE VAUDOU] Après le séisme du 12 janvier 2010… J’oublierai jamais ce jour-là. [EN JANVIER 2010, UN SÉISME DE MAGNITUDE 7
A DÉVASTÉ HAÏTI, FAISANT ENVIRON 316 000 MORTS.
PLUS D’UN MILLION DE PERSONNES ONT PERDU LEUR MAISON. AUJOURD’HUI, ENVIRON 60 000 PERSONNES
SONT ENCORE DÉPLACÉES] Quand je me suis réveillée ce matin-là, j’avais plus de 50 personnes chez moi. On avait des provisions alimentaires dans
un grand entrepôt où on vendait
du riz, de l’eau, de l’huile, etc. Ce jour-là,
on a donné toute la nourriture non-cuisinée qui était dans l’entrepôt
à ceux qui en avaient besoin. Je suis retournée sur mes terres
parce que mes racines culturelles m’appelaient. Et les esprits me disaient de venir faire mon service et mon travail. – Laissez-moi passer.
– Oui. Mets tout au même nom.
C’est ici, Immacula Bobo. Ça fait 6… Vous faites partie d’une mission ? – Non. Quelle est votre religion ? Le vaudou. Oh, le vaudou. Vous aimez beaucoup le vaudou ? Oui. Moi, je suis baptiste. OK. Je ne participe pas à ces choses. On ne peut pas juger quelqu’un
sur la base de sa religion. Non. Personne ne juge.
Je n’ai pas dit ça. Dieu seul peut nous juger. C’est ça. Pour être un bon vaudouisant,
il faut pouvoir réclamer à Dieu. En tant que vaudouisant, on reçoit toujours des critiques de personnes qui ignorent sa signification. Le vaudou vient des esclaves sortis d’Afrique. Ils les capturaient, les frappaient,
les maltraitaient et les tuaient. C’est le vaudou qui les a libérés. Ils ont marché dans le monde entier
et sont venus ici, chez nous. C’est comme ça que
l’esprit vaudou est venu en nous, et on l’appelle le vaudou d’Haïti. Depuis toute petite, j’ai toujours
vu la maison pleine de monde. Parce que j’ai été élevée par un père vaudouisant. Quand tu rencontres cette société, les esprits
qui nous protègent te protégeront aussi. Quand tu fais partie du vaudou, tu fais partie d’une communauté
et tu dois toujours être capable d’aider. La terre tremblait. La maison où je vivais s’est écroulée. Ma mère est morte. Mon père est mort. De toutes les personnes qui étaient chez moi,
je suis la seule survivante. Le père de mon enfant est mort. J’ai traversé une période difficile.
Je dormais dans la rue. Quand on a perdu tous ces gens,
on n’a même pas pu avoir de funérailles. On a juste creusé des trous
et on les a mis dedans. Quand le séisme a frappé, j’étais à mon travail
et les enfants étaient à l’école. Notre maison a été détruite. Je vivais dans une tente,
et Manbo Katy m’a donné une chambre ici. Je passais par là et Katy m’a appelée.
Elle a dit : “Ça va ?” Et moi : “Je n’ai plus de maison.”
Elle : “OK.” Elle m’a faite entrer,
m’a offert une douche et des habits. Elle nous a donné à manger,
à moi et à l’enfant… tout ça. Elle m’a loué cette petite chambre,
et je suis en vie. Pendant un temps, j’ai vécu des moments difficiles et je me disais qu’il serait mieux
de ne pas être homosexuel, d’être normal. Quand je suis à la cérémonie,
je me sens bien, je ne me sens pas seul. J’accepte tout le monde. Ils sont chez moi, ils se sentent protégés. On ne leur manquera pas de respect. Je partage leur souffrance et je remercie le vaudou pour ça. Pour la cérémonie de vendredi, je serai joyeuse et heureuse. La seule chose qui va me manquer,
c’est Reynald, mon mari, qui ne sera pas là pour la vivre avec moi. Je sais que son esprit sera là
et verra tout ce que je fais. Quand Reynald me rend visite, je le sais. Il vient sous la forme d’un esprit papillon. Quand l’esprit entre en moi, il entre avec une force. Quand la force est entrée, mon esprit,
celui de Katy, me quitte. Je dois encore tout préparer pour la cérémonie. Pour que l’esprit puisse descendre. Tous les parents disparus
seront avec nous aujourd’hui. Parce qu’ils savent
qu’ils doivent être ici. C’est aussi beau pour eux
parce qu’on célèbre les morts, aujourd’hui. Je suis fière et heureuse parce que
je vais voir les plus belles choses cette nuit. Tous les enfants de la maison
seront là pour la cérémonie. Tu dois être très propre
et les habits très blancs pour que ta beauté éclatante
puisse briller et te donne des airs de diva… Une diva terrestre. Je vais danser, et
je vais accueillir les esprits. Et Reynald me fait toujours ressentir sa présence. Quand les esprits sont en toi,
tu n’es pas consciente de ce que tu fais. C’est l’esprit qui fera ce qu’il a à faire, pas moi. Agaou, tu es Dieu, Agaou, où es-tu ? Il y a longtemps,
on n’avait pas de morgues. Quand une personne mourait,
on poudrait le visage du cadavre. On utilise les mêmes rituels
pour que l’esprit s’empare d’un corps et pénètre dans une personne. En tant que vaudouisante,
je suis toujours là pour tout le monde. Même quand
leurs problèmes semblent insurmontables, je leur dis toujours
qu’un jour, ça va changer. Quand tu es un vaudouisant, tu acceptes
que tu es rentré dans ce cercle. Tu es capable de lui donner
ton énergie parce que c’est de l’amour. Les problèmes font partie de la vie
et on doit les surmonter. On ne peut pas mettre les gens dans
une situation où leurs problèmes ne sont pas résolus. Christelle m’a dit
qu’elle aimerait apprendre la cosmétologie. Je vais la mettre à l’école pour pouvoir l’aider au mieux
à réussir ce qu’elle veut. J’ignore quand, mais je suis convaincu
que la situation en Haïti va changer. J’aimerais que
mes enfants voient le pays changer, qu’il devienne normal pour que
tout le monde puisse vivre et travailler. Les choses arrivent petit à petit
tant qu’on ne perd pas courage. Tant qu’on est fort,
on ne perdra pas le combat. Le vaudou est un don. C’est la guérison. Quand quelqu’un pratique le vaudou,
c’est un guérisseur. On a un proverbe qui dit :
“Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.” Je dois leur donner de l’espoir parce que l’espoir fait vivre. [TRADUCTION : STEPHEN SANCHEZ]